Bio

                                                                                           Français/English

 

Je suis professeur au département de philosophie à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Je suis également co-éditeur de la revue SubStance.

Mon travail est fondé sur un usage théorique de la fiction. Il s’agit d’utiliser la fiction comme une méthode  pour l’exploration du possible et de ses limites. Par là, je veux redonner à la philosophie une portée spéculative, métaphysique si l’on veut, et en renforcer la portée critique en lui permettant d’envisager le réel à la lumière du possible.

Mon dernier livre Technofictions consiste ainsi en une série de nouvelles qui examinent les technologies contemporaines au prisme des vies possibles qu’elles semblent nous ouvrir.

Plus largement, mes recherches s’organisent sur quatre axes.

1. Dans mes livres les plus personnels, j’utilise la fiction pour décrire et conceptualiser des domaines que la tradition philosophique ignore, ou refoule: le temps perdu, les phobies, les bords de mer… Des domaines donc que les philosophes évitent, préférant parler du travail plutôt que de la paresse, ou de la noble angoisse plutôt de cette peur absurde qu’est la phobie ou préférant aux rivages incertains la terre ferme sur laquelle se plante l’arbre de la science.

2. Cependant, j’ai d’abord commencé par étudier la façon dont l’imaginaire (des rêves, des fictions) pénètre des domaines scientifiques: en logique (dans les travaux de Kurt Gödel), dans la cybernétique de Norbert Wiener, dans certaines approches du cerveau en  neurosciences. C’est dans cette perpective que j’ai travaillé sur les archives de savants: on peut y marquer comment des avancées scientifiques, ou technologiques, sont influencées par des fictions préalables, des rêves personnels, des superstitions parfois.

3. Inversement, l’imaginaire se transforme au contact des sciences et de la technologie. Toute une série d’êtres bizarres naissent de ces rencontres: pas seulement des robots. Les machines contemporaines transforment nos fictions, jusque dans leur forme, ou dans leur médium: comment, dans l’art numérique par exemple, la fiction se développe à l’écran dans un dispositif qui n’a plus la linéarité d’un récit. Que peut-on raconter de cette façon ? Ou comment analyser cette e-magination ? J’ai ainsi co-réalisé un web documentaire, Bienvenue Erewhon, une adaptation en dix épisodes vidéos d’un roman que Samuel Butler publie en 1871. Avec Paul Harris, et la revue SubStance, nous lançons également une collection d’oeuvres numériques: voir ici.

4. Enfin, cet entrelacement de l’imaginaire et de la raison pose des problèmes au regard de l’histoire de la philosophie. Dans cette perspective, j’ai publié une série de travaux sur la question de la subjectivité dans la philosophie en France.

Je suis né en 1971 à Tunis. Elève de l’ENS, rue d’Ulm, de 1991 à 1996, j’ai suivi un cursus parallèle en mathématiques et en philosophie. Après une thèse de philosophie, soutenue en 1999, j’ai été nommé chargé de recherche au CNRS, où je suis resté de 2001 à 2011. J’ai alors obtenu un poste de professeur des universités au département de philosophie de l’université Paris 8.

Certaines de mes publications universitaires peuvent être consultées ici.